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La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui débute le plus souvent par des troubles de la mémoire. Actuellement, on en connaît encore mal les causes.

On peut en revanche en établir le diagnostic, en connaître les symptômes, les étapes et les moyens de prévention.

Alzheimer : causes encore mal connues

On ne connaît pas les causes de cette maladie car elles sont probablement multiples : génétiques, environnementales, toxiques…

Toutefois, on estime que dans une très large majorité des cas, la maladie d'Alzheimer est la conséquence d'un mode de vie et d'un environnement neurotoxiques : manque d'activité physique (inversement, l’exercice physique ralentit le développement de la maladie), faible stimulation intellectuelle, mauvaise alimentation (ce qui se traduit par une perturbation de la flore intestinale qui est associée aux maladies neurodégénératives telles qu'Alzheimer), isolement social, stress chronique, tabagisme, alcoolisme, dépression, exposition à la pollution de l’air, etc.

Cependant, les chercheurs savent très bien ce qui se passe dans le cerveau des personnes malades.

La maladie d'Alzheimer résulte de deux types de lésions :

  • les plaques séniles (ou plaques amyloïdes) qui correspondent à des dépôts anormaux de la protéine bêta-amyloïde entre les neurones ;
  • les dégénérescences neurofibrillaires qui correspondent à l'accumulation de filaments anormaux constitués de protéines tau.

Ces lésions progressent peu à peu et causent la mort des neurones responsables de diverses fonctions dans le cerveau comme : la mémoire, le langage, les gestes...

Causes de la maladie d'Alzheimer : des gènes seraient impliqués

Bien que la maladie d'Alzheimer ne soit pas une maladie purement génétique, on pense que certains gènes contribuent à prédisposer à la maladie.

Ainsi, certaines familles sont plus à risque de démence et de maladie d'Alzheimer que d'autres : 5 à 8 % des cas.

L'un des facteurs de prédisposition connus est une version particulière du gène de l'apolipoprotéine E.

Enfin, il existe des formes précoces familiales de la maladie d'Alzheimer, très rares (moins de 1 % des cas), pour lesquelles des gènes précis sont en cause (la mutation de plusieurs gènes entraîne une augmentation de la production du peptide bêta-amyloïde impliqué dans la maladie).

Des formes familiales de la maladie, débutant avant l'âge de 60 ans et peu fréquentes (moins de 3 % de l'ensemble des formes), existent pour lesquelles des gènes ont déjà été identifiés.

Facteurs favorisants la maladie d'Alzheimer

Facteurs de risque cardiovasculaire

Certains facteurs semblent favoriser l'apparition de la maladie, notamment les facteurs de risque cardiovasculaire :

L'excès de pression artérielle au niveau des artères cérébrales favorise la formation des plaques amyloïdes. Ainsi, ne pas soigner correctement son hypertension augmente de 60 % les risques de développer la maladie d'Alzheimer. Inversement, les personnes qui contrôlent correctement leur HTA ont 30 % de risques en moins de présenter des troubles de la mémoire.

Médicaments

  • Les médicaments antidépresseurs présentent un risque cognitif élevé, et en particulier :
    • l'amitriptyline (Elavil®) et la paroxétine (Deroxat®),
    • les médicaments antiparkinsoniens,
    • les traitements urologiques (type oxybutynine avec le Ditropan®).
  • Une consommation prolongée et excessive de médicaments psychotropes type benzodiazépines ou anxiolytiques (Xanax) favoriserait l'apparition de la maladie d'Alzheimer (+ 50 % en cas d'utilisation prolongée).
  • La consommation prolongée et/ou répétée d'inhibiteurs de la pompe à proton augmenterait de 44 % le risque de démence et d’Alzheimer.
  • Si l'on en croit une étude américaine, l’exposition à un traitement anti-androgénique (TAA) dans le cadre d'un cancer de la prostate serait associée à un risque accru de maladie d’Alzheimer et de démence dans les 10 années qui suivent.

Les mécanismes physiopathologiques qui conduisent à la démence se développant sur plus de 10 ans, il est probable que les TAA accélèrent le processus plutôt que de le créer de novo.

Troubles du sommeil

Alors que plusieurs études ont déjà suggéré que les troubles du sommeil pourraient contribuer aux dépôts d'amyloïdes dans le cerveau (inversement, on sait que le fait d'avoir suffisamment de sommeil prévient le déclin cognitif), une nouvelle étude américaine indique que l'apnée obstructive du sommeil participerait également à l'augmentation de la concentration à long terme de bêta-amyloïdes.

De plus, les insomnies apparaissant au début de l'âge adulte sont associées à un mauvais fonctionnement cognitif plus tard dans la vie.

Traumatismes crâniens

Le risque de démence et d'Alzheimer augmente avec le nombre de traumatismes crâniens (TC), de 22 % avec un seul TC, jusqu'à 183 % (près de trois fois plus) avec 5 TC ou plus. On constate également qu’un TC sévère unique augmente le risque de démence de 35 % tandis qu’un TC de sévérité modérée l’augmente de 17 %.

Par ailleurs, plus l’individu subit un TC tôt dans sa vie, plus le risque de démence s'élève. De plus, les hommes ayant subi un TC sont légèrement plus à risque de développer une démence que les femmes dans la même situation.

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Parodontites et gingivites

Plusieurs études ont confirmé, depuis 2010, qu'il existait un lien entre une mauvaise hygiène bucco-dentaire et la maladie d'Alzheimer.

En 2010, le Columbia University Medical Center à New York laissait entendre qu'une mauvaise hygiène buccale pouvait suffire à faire passer les malades du stade de déficit cognitif léger à la démence. L'étude constatait également une perte d'autonomie plus rapide.

Par la suite, une étude de l'Université de Taïpei (Taïwan) a montré une association entre une bonne fonction cognitive et un faible niveau de parodontite.

Une autre étude menée en Suède sur 20 000 jumeaux a constaté que le jumeau souffrant d'Alzheimer présentait des maladies de gencives tandis que le jumeau en bonne santé n'avait pas de problèmes buccaux.

Enfin, une étude parue dans la revue Science Advances suggère que la bactérie Porphyromonas gingivalis, souvent retrouvée en cas de gingivite, entraîne une colonisation du cerveau et une production de protéines bêta-amyloïdes qui forment des plaques chez les malades d'Alzheimer.

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